Je suis confinée depuis début octobre. Le temps passe tantôt vite tantôt lentement, je suis confuse par rapport au temps qui passe pendant cette période. Cela fait 3 semaines que nous sommes confinés, selon moi.
Je me réveille ce matin au côté de mon petit ami Louis, dans notre canapé lit près de la fenêtre donnant vue sur la place et la cathédrale. Aux environ de 8h, je me surprends à admirer les couleurs chaudes du lever de soleil qui tape ses premiers rayons dans notre appartement. Les murs bleus se mélangent aux tons lumineux du matin et créent une ambiance paisible qui me remplit de joie dès le matin. J’ai choisi le côté fenêtre du canapé-lit pour cette raison entre autres. Je jette un coup d’œil à Louis et à ses cheveux bouclés emplis de lumière matinale et m’extirpe du lit sans le réveiller.
N’ayant surement pas eu assez de ma dose de contemplation je traverse le salon, monte les escaliers et rejoins l’étage pour avoir un point de vue différent du ciel que je trouve fascinant, particulièrement ce matin.
A l’étage se trouve notre chambre en devenir, faute de matelas pour l’instant, et la salle de bain couleur dorée. Je me place à mon spot favori qui est un petit rebord près de la mansarde. Je m’installe dans un pouf bleu, en adéquation avec les couleurs de l’appartement, et allume ma cigarette. Le temps d’un instant, les minutes se figent et je ne pense plus à rien, je me laisse happer par le soleil étincelant qui pointe le bout de son nez au-dessus des vieux bâtiments.
A mesure que ma cigarette se consume, les responsabilités de la journée se font grandissantes. Je descends vite de l’échelle pour me retrouver dans la salle de bain et entame ma routine de soins habituelle. Pendant l’application de ma crème de jour presque vide (la faute au confinement et aux commerces fermés) je me remémore intérieurement le planning de la journée.
En descendant au salon je devine à l’odeur ce qu’il se passe, un sourire apparait sur mon visage. Je retrouve un Louis à moitié endormi dans la cuisine en train de préparer du café pour nous deux. Un bisou, une tasse de café et nous sommes prêts et en forme pour démarrer le premier cours en distanciel de la journée.
Il est 10h, le cours commence. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours eu quelques problèmes relationnels avec les mathématiques.
Dû au confinement, tous nos cours de la faculté se déroulent maintenant en distanciel, et ma capacité de concentration est mise à rude épreuve, en particulier pour ce cours.
Je redouble d’effort (et de café) pour me concentrer pendant deux heures de cours sur la loi de Bernoulli. Louis me met la main sur l’épaule en signe de réconfort et de congratulation, le cours est enfin terminé.
Dehors, on entend les collégiens arriver près du parc situé dans la rue des Cœurs, ils se retrouvent ici tous les midis pour leur pose déjeuner.
A l’intérieur, Louis et moi entendons nos ventres qui crient à l’unisson, il est l’heure de manger. Nous ne sommes pas les seuls à avoir faim. À peine la porte du frigo ouverte que nos deux cochons d’indes, Nami une femelle noire et Spencer un mâle roux, poussent des cris stridents pour signaler eux aussi leurs exigences culinaires.
Pendant que Louis s’occupe de faire à manger, je me mets à la tâche de nourrir les deux monstres hurlants qui nous servent de cochon d’inde.
Au menu ce midi c’est courge spaghetti avec des paupiettes de veau. Pendant le repas nous avons coutume de regarder notre série du moment « How I Met Your Mother », une série américaine comique, malgré les rires préenregistrés que je trouvais gênant au début, elle me plaît beaucoup. La journée du lundi est une journée assez simple au niveau de notre emploi du temps scolaire.
Nous nous laissons cette après-midi pour nous laisser aller à nos activités du confinement, bien mérité après le cours passé de statistique. Le salon est agencé d’un canapé en velours brun et de deux fauteuils assortis, face à la télé. Depuis notre emménagement, nous avons définis inconsciemment chacun notre place attitrée.
Louis s’accorde une pause sur la Playstation et après quelques secondes d’hésitation, il décide de jouer à Skyrim, un jeux vidéo fantastique. Lui dans le fauteuil à ma gauche et moi dans le canapé surmonté d’un plaid au motif vache. Je mets aussi quelques secondes à décider quel livre choisir dans la bibliothèque improvisée sur les poutres blanches apparente derrière le canapé, dans le salon. Je prends en main le livre « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même », mais j’hésite. Une amie m’a beaucoup parlé de ce livre sur le développement personnel, j’ai pensé que cette période de confinement sera le moment opportun pour commencer ce genre de lecture.
Après une réflexion intense, je décide de m’y atteler une autre fois, le petit livre qui parait si inoffensif d’extérieur m’angoisse au fond de moi, tant pis une prochaine fois. De son côté, j’entends mon copain grommeler, le jeu vidéo n’a pas été un succès, en effet la télé affiche un écran noir. Nos regards se croisent et nous décidons à l’unissons de nous mettre au travail.
Lentement mais sûrement, nous nous attelons à la tâche et commençons à réviser les cours de démographie chacun de notre côté, sur nos bureaux respectifs.
La session de révisions s’est passé très vite, à vrai dire je me suis rendu compte du temps écoulé seulement en levant les yeux et en constatant que la nuit était tombée. La douce couleur dorée du ciel s’est alors remplacée par une nuit sombre et froide. En constatant ce changement un frisson de fatigue me traverse le corps.
Nos regards se croisent à nouveau, je lis dans les yeux verts de Louis qu’une pause s’impose.
Ni une ni deux, le canapé en velours et Netflix nous accueille à nouveau. Malgré la nuit froide de dehors, l’ambiance de ce soir est paisible et le programme de la journée que je m’étais fixé ce matin est complet, je suis satisfaite.
A ce moment-là, je sens tout mon corps se relâcher, l’énergie de la journée se transforme peu à peu en sommeil enivrant. Je décide de monter dans la salle de bain et d’entamer ma routine de soin du soir. Les yeux fatigués et à moitié ouverts, je me frotte le visage avec mon savon au lait de chèvre presque fini.
Je redescends et rejoins Louis dans le canapé-lit, je me couche instantanément et m’endors en pensant au livre que je n’ai pas lu, peut-être demain ?